Journaliste, conteur, poète, grammairien, essayiste, romancier... Il est bien difficile d'étiqueter les recherches de Marcel Schwob, esprit complexe et curieux, aussi attiré par le bizarre, les littératures anciennes ou étrangères, l'érudition que par la poésie naïve. Par ses travaux sur les littératures étrangères, il a beaucoup contribué à élargir les champs d'intérêt et à modifier la sensibilité des intellectuels français, grâce notamment à ses articles, ses études critiques et ses remarquables traductions (Hamlet de Shakespeare, Moll Flanders de Daniel De Foe). En particulier, il a été un de ceux qui ont aidé Claudel (qui fut son ami) à chercher inspiration et modes d'expression hors du domaine français. Il s'est intéressé à la langue de Villon et de ses compagnons (Le Jargon des Coquillards en 1445, publié en 1890) et son Étude sur l'argot français (1889) reste un ouvrage estimé. Il s'est montré également capable d'écrire des textes pastichant les hagiographies médiévales et des nouvelles où revivent en leur langage pirates et truands. Les aspects les plus intéressants de sa sensibilité et de son talent (très représentatifs de ce qu'il a […]
