Le village israélien d'Ein-Hod, sur le mont Carmel, à quelques kilomètres au sud d'Haïfa, était une ruine en 1953, quand Marcel Janco, venu de Roumanie à Tel-Aviv dès 1942, décida d'y fonder un village d'artistes. La beauté de ce lieu solaire, qui fait face à la Méditerranée, ses antiques racines grecques et romaines, le style arabe de ses petites maisons cubiques et sa population cosmopolite ont donné à Janco la possibilité de réaliser un rêve très ancien, celui d'un art dégagé du commerce, pensé et créé en communauté, avec la modestie des bons ouvriers et l'ouverture sur le monde d'une culture à vocation universelle. Cette entreprise a été un succès. Ein-Hod a fêté sa réussite par des nuits mémorables, dont a témoigné Georges Boudaille (« Janco, maire de Ein-Hod », in Les Lettres françaises, nov. 1963).
Marcel Janco, né à Bucarest en 1895, avait été, dès 1910, lié aux jeunes poètes des revues Symbolul et Chemarea, fondées par Ion Vinéa (1895-1964) : ces publications représentaient l'avant-garde artistique de l'époque. Quand il commence, en 1915, ses études d'architecture à l'École polytechnique […]
