Organiste, compositeur et éminent représentant de l'orgue symphonique, Dupré fut renommé pour son talent d'improvisateur (il fit de nombreuses tournées dans le monde entier, improvisant fugues et symphonies sur des thèmes fournis spontanément par des musiciens de l'auditoire). Son enseignement eut une profonde influence, même si, aujourd'hui, dans l'interprétation des œuvres baroques (Bach en particulier), on n'obéit plus, par exemple, aux règles du legato trop systématique qu'il prônait. Il fut l'élève de Diémer, de Guilmant, de Vierne et de Widor. En 1914, il obtint le grand prix de Rome. Il remplaça momentanément Vierne au grand orgue de Notre-Dame de Paris (1916-1922) et succéda à Widor à celui de Saint-Sulpice (de 1934 à sa mort). En 1920, il joua de mémoire, en dix récitals fameux, l'œuvre intégrale pour orgue de Bach. Parmi ses nombreuses compositions, citons trois Préludes et fugues (1912), la Symphonie-Passion (1924), Le Chemin de la Croix (1931-1932) — ces deux dernières d'abord improvisées, puis écrites — soixante-dix-neuf Chorals (1931), trois Préludes et fugues (1938), Le Tombeau de Titelouze (1942). Synthétisant le fruit de son enseignement au conservatoire de Paris (dont il dirigea la classe d'orgue après la mort de Gigout en 1926, et dont il fut le directeur de 1954 à 1956), il écrivit notamment Trait d'improvisation à l'orgue, Cours d'harmonie analytique, Cours de contrepoint, Cours de fugue.
Pierre-Paul LACAS
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