Né en 1908 dans le Loir-et-Cher, Marcel Béalu a voué son existence à la littérature et trouvé le moyen de s'affirmer — et de subsister — en exerçant des métiers qui avaient rapport avec elle. Il s'occupa notamment de la librairie Le Pont traversé, mine d'éditions rares. De 1955 à 1971, il a dirigé avec René Rougerie la revue Réalités secrètes. Conseillé par des poètes comme Max Jacob, Jean Follain, Maurice Fombeure, il a su garder par ailleurs sa voix originale et son tour personnel d'imagination.
Le Béalu de la nuit, des difficultés existentielles et ontologiques s'est exprimé surtout dans trois recueils : Mémoires de l'ombre (1941, 1944, 1959, avec de nombreux inédits), L'Expérience de la nuit (1945), Journal d'un mort (1947). Les poètes surréalistes français, mais aussi Poe, Lewis Carroll et Franz Kafka lui ont préparé la voie. En partant de petits faits qui ont l'apparence du vrai, en tout cas du vraisemblable, il invente des contes-poèmes qui relèvent du rêve pur. On ne sait au juste à quel moment se produit le dérapage dans l'irréel. Ce brusque déplacement se retrouve dans le regard, dans le penseur, dans le style. Le « dormeur éve […]
