Jean Paulhan n'aurait pas existé, Marcel Arland eût sans doute été le grand patriarche des lettres françaises de l'après-guerre. Mais la présence rigide et sévère du premier a accentué la discrétion du second — qui n'en demeure pas moins l'un des représentants les plus brillants de l'esthétique et du souci littéraires du xxe siècle.
Marcel Arland naît le 5 juillet 1899 en Haute-Marne, à Varennes-sur-Armance. Très tôt, il perd son père qu'il n'aura pour ainsi dire pas connu. Au lendemain de la Première Guerre mondiale, il « monte » à Paris, entre à la Sorbonne, fréquente les cercles littéraires d'alors, rencontre Proust, Giraudoux, Mauriac, Cendrars... Il est professeur de lettres à Jouy-en-Josas quand il reçoit le prix Goncourt en 1929 pour L'Ordre, son sixième roman. En 1940, il désapprouve la reparution de la N.R.F. sous la férule de Drieu La Rochelle ; et ce n'est qu'en 1952 qu'il deviendra, avec Paulhan, le codirecteur de cette très célèbre revue littéraire. L'Académie française couronne son œuvre, riche d'une quarantaine d'ouvrages, en l'accueillant seize ans plus tard.
Respectueux d'un style à la pureté classique, soucieux […]
