Frère cadet de René Louis d'Argenson. Lieutenant de police de Paris en 1720, conseiller d'État (1724), ministre et secrétaire d'État à la Guerre (1743-1757), Marc Pierre d'Argenson est disgracié après l'attentat de Damiens. Homme habile plus qu'administrateur avisé, brillant causeur très apprécié dans les salons parisiens, capable à la fois d'accueillir la dédicace qu'on lui fit de l'Encyclopédie et de s'appuyer sur le clergé dont il défendit toujours les privilèges fiscaux, il réussit à retenir la confiance de Louis XV tout en s'opposant de front à madame de Pompadour et en soutenant d'aigres conflits avec le maréchal de Saxe. En somme, un excellent politicien qui n'avait rien d'un homme d'État. On lui doit néanmoins d'heureuses réformes dans l'armée (ouverture de la carrière aux officiers roturiers) et la création de l'École militaire en 1751.
Olivier COLLOMB
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