Vénéré dans l'Église orthodoxe comme un confesseur de la foi, saint Marc Eugenikos, métropolite d'Éphèse, formé à la célèbre Académie patriarcale, fut marqué par la tradition palamite et plus particulièrement par la pensée de Nicolas Cabasilas. Celui-ci assumait et rectifiait l'apport augustinien, tardivement connu en Orient, par la notion du salut par l'amour, donc dans la liberté ; cette perspective amena Marc Eugenikos à réfléchir sur le thème de la prédestination qui, presque inconnu en Orient, ne cesse dès lors de s'affirmer dans la pré-Réforme occidentale. Marc distingue la prescience de Dieu et la prédestination : si la première est absolue, la seconde est relative, rien ne pouvant ébranler le mystère de la liberté.
Toutefois, les controverses de l'époque attirent surtout l'attention du métropolite d'Éphèse sur la question du Filioque. L'empereur Jean VIII, aux abois, souhaite un accord théologique avec Rome dans l'espoir d'obtenir contre les Turcs l'aide de l'Occident. Des théologiens « latinophones », tel Bessarion, sont prêts à accepter, dans le fond sinon dans la forme, les conceptions de la scolastique sur la « procession » de l'Esprit. Dans ses Chapitres s […]
