2. Une consécration très logique
La diffusion manuscrite du Directorium fut immense. Le Repertorium inquisitorum (1494) reprend l'essentiel de sa doctrine et de sa pratique. Le célèbre Malleus maleficarum (Le Marteau des sorcières),1486, copie les dissertations théologico-canoniques du Directorium pour faire entrer les sorcières dans la catégorie de l'hérésie et légitimer ainsi leur persécution. Les Instructiones de De Torquemada (1484) et des grands inquisiteurs espagnols jusqu'à Fernando de Valdés (1561) retranscrivent l'œuvre d'Eymerich, imprimée dès 1503. Contre une dispersion certaine des pratiques, Eymerich prônait l'unité. Rome se devait de l'imposer (avec ou sans succès historique, c'est une autre question) : à cette fin elle choisit le Directorium. Inaltéré, le texte eymericien, enrichi de gloses et d'une mise à jour des documents pontificaux postérieurs à 1376, sera réédité par ordre du Sénat de l'Inquisition romaine cinq fois entre 1578 et 1607. Cette consécration unique (aucun autre recueil ou manuel n'a connu pareille officialisation) corrobore canoniquement ce que l'histoire pose logiquement : le Directorium témoigne à jamais de la continuité idéologique pluriséculaire de l'Inquisition romaine.
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