3. Un art populaire et savant
• Le folklore intégré
« Je pense que dans le chant populaire l'esprit importe plus que la lettre. Le rythme, la modalité et les intervalles mélodiques qui déterminent leurs ondulations et leurs cadences constituent l'essentiel de ces chants et le peuple lui-même nous en donne la preuve en variant à l'infini les lignes purement mélodiques de ses chansons. » Ces mots de Falla peuvent s'appliquer à son œuvre jusqu'aux Sept Chansons, où il intègre le folklore dans l'orbite de ses propres procédés. Les deux ballets L'Amour sorcier et Le Tricorne sont comme des élargissements des Sept Chansons, des développements de leurs possibilités.
Mais l'ascétisme insatisfait lui demande un nouvel effort. L'œuvre qui suit est celle du renoncement. Abandonnant la source andalouse, en quête d'une veine castillane où l'art espagnol perd ce qu'il a d'exotique, Falla aborde des chemins plus arides. Il délaisse l'orchestre symphonique au profit de la musique de chambre, afin d'alléger et de concentrer son expression. Les Tréteaux puis le Concerto traduisent cette recherche.
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