L'institution du manse, qui connut son plein essor à l'époque carolingienne, était destinée à assurer la mise en valeur d'un domaine dans un monde qui ignorait presque totalement le salariat et dans lequel l'esclavage de type antique était en régression. Une partie d'un domaine était fractionnée en manses, unités de culture (maison, jardin, vigne, terres arables et usage des communaux) confiées à perpétuité à des familles paysannes et en principe suffisamment vastes pour assurer leur subsistance ; en échange, ces paysans devaient, par des corvées, cultiver le lot de terre que se réservait le propriétaire. La superficie de ces manses, dont la moyenne s'établissait entre dix et vingt hectares, variait suivant les domaines et suivant la condition juridique de leurs tenanciers : les manses « ingenuiles », tenus par des paysans libres, sont toujours plus grands et doivent des corvées saisonnières ; les manses « serviles », moins nombreux et plus petits, sont attribués à des serfs et entraînent des corvées beaucoup plus lourdes, qui peuvent prendre jusqu'à la moitié du temps du tenancier. Quant aux manses « lidiles », de surface intermédiaire, on suppose qu'ils étaient confiés à des a […]
