3. La peinture
• Caractères généraux des œuvres
Toute analyse des caractères généraux de la peinture maniériste s'est révélée impossible en raison de la multiplicité des œuvres réalisées en une très longue période de temps. On ne peut dégager que de grands traits qui valent surtout pour les productions relevant du courant de la maniera :
– Primat du décoratif qui implique des conventions spatiales : juxtaposition des figures, plans superposés, raccourcis et « tours de force » (Domenico Beccafumi, Descente aux limbes, pinacothèque de Sienne).
– Aucune harmonie d'ensemble, ni dans la composition ni dans la couleur (Bronzino, Allégorie, National Gallery, Londres).
– Allongement des formes (Parmesan, Madone au long cou, Offices, Florence).
– Angularité (Rosso, Déposition de Volterra), ou au contraire style « coulant » (Perino del Vaga, Le Martyre des Dix Mille, Albertina, Vienne).
– Abstraction du dessin, de la couleur ou de la forme, parfois des trois à la fois (Pontormo, Déposition, Santa Felicità, Florence).
– Forme caractéristique : la forma serpentinata qui exagère le contraposto classique (Salviati, Charité, Offices, Florence) et montre la figure sous plusieurs angles différents en des rythmes opposés.
– Beauté des détails : la perfection des objets maniéristes est la confirmation de ce goût profond pour la précision minutieuse (cassette Farnèse, musée de Capodimonte, Naples ; salière de Cellini, kunsthistorisches Museum, Vienne ; casque et armure de parade de Charles IX, Louvre, Paris), l'ornement y répète souvent à petite échelle les motifs mêmes des grandes architectures, mais avec une fantaisie et une constante licence.
Ce style « miniature » est aussi typique du goût maniériste : on le voit en particulier apparaître dans la gravure et le dessin.
[…]… pour nos abonnés, l'article se prolonge sur 16 pages…



