2. Pédologie
La mangrove dans son ensemble est liée à la zone haute de l'estran. Chaque espèce de palétuvier se répartit préférentiellement sur une bande de terrain de part et d'autre d'une courbe de niveau bien déterminée. L'altitude de la courbe définit la fréquence, la durée et la profondeur des immersions par les marées. Ces paramètres régissent, à leur tour, la saturation du sol en eau, la salinité de l'eau interstitielle, le potentiel redox, etc.
La mangrove colonise des sols très divers : rocheux, caillouteux, vaseux, pourvu que l'agitation de l'eau ne soit pas excessive. Dans les estuaires et les deltas, elle s'installe sur les bancs sableux ou vaseux et les consolide contre l'érosion (cette observation n'est pas absolument générale). Surtout, elle crée en son centre une zone de calme, où les vagues sont complètement « étouffées ». Une sédimentation de particules beaucoup plus fines est alors possible, par laquelle le niveau du sol pourra s'élever au niveau des plus hautes mers. Cet ensemble de sédiments très fins et de végétaux devient très résistant à l'érosion.
Dans les sols des mangroves bien développées, la réduction bactérienne du sulfate de l'eau de mer crée des conditions fortement réductrices. Le milieu s'enrichit en H2S, FeS, FeS2 (sous l'aspect de pyrite mûriforme). L'émersion et le dessèchement ultérieurs d'un tel sol provoquent l'oxydation de ces sulfates et l'acidité peut devenir très importante, ce qui rend délicate l'implantation de polders malgré la richesse potentielle d'une partie de ces sols. Dans les mangroves installées de longue date, le sol occupé successivement par plusieurs générations de palétuviers devient une sorte de tourbe très peu fertile.
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