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MANGAS

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3.   Rêves et cauchemars d'enfants

Malgré la concurrence récente des nouvelles technologies (Internet, téléphones mobiles) et des loisirs qu'elles permettent, la bande dessinée demeure l'un des divertissements favoris des Japonais, et ce dès le plus jeune âge. Plusieurs magazines de mangas visent les enfants dès six ans, mais peu de séries destinées à cette classe d'âge ont été traduites en français. Deux d'entre elles semblent néanmoins délimiter le genre : Doraemon (2006, éd. or. 1970) et L'École emportée (2005, éd. or. Hyoryu Kyoshitsu, 1972)

La première, qui compte 45 volumes dans son édition reliée, est l'œuvre de Fujiko F. Fujio, un pseudonyme qui masque l'identité de Hiroshi Fujimoto et Motoo Abiko, tous deux formés auprès de Tezuka. Doraemon est focalisé sur un écolier laid et peu doué pour les études, Nobita, auquel ses descendants décident de porter secours par l'intermédiaire d'une machine à remonter le temps. Pour améliorer ses perspectives d'avenir, ils placent auprès de lui un robot à l'apparence de gros chat : Doraemon. Celui-ci est doté d'un solide bon sens et d'une poche ventrale de laquelle il tire des objets aussi merveilleux qu'improbables – un carnet qui réalise les projets qu'on y consigne, par exemple –, desquels l'indécrottable Nobita fait systématiquement un usage calamiteux... On voit bien quel est le credo de Doraemon : le personnage est le compagnon idéal que tout enfant souhaiterait avoir près de lui, pour l'aider à se défendre et à réaliser ses désirs d'un futur radieux.

À l'autre bout du spectre, on trouve les mangas dessinés par Kazuo Umezu, qui s'est fait une spécialité des récits d'horreur destinés aux écoliers. Si les auteurs de Doraemon explorent les rêves secrets de leurs jeunes lecteurs, Umezu, quant à lui, donne forme à leurs pires cauchemars. Dans L'École emportée, un établissement scolaire et ses occupants sont brutalement transportés dans un monde désert et apocalyptique. Livrés à eux-mêmes – les enseignants se sont suicidés ou ont […]

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