1. Métallurgie
La « magnésie noire » (pyrolusite) était connue des Anciens : Pline signale son emploi dans la fabrication du verre. Ce n'est qu'en 1774 que la nature de ce corps noir fut fixée par C. W. Scheele qui identifiait un oxyde d'un métal inconnu, différent du fer, dont l'oxyde Fe3O4 avait été confondu jusque-là avec la pyrolusite. La même année, T. O. Bergman, sans doute en même temps que J. G. Gahn, collaborateur de C. W. Scheele, préparait pour la première fois, en réduisant la « magnésie noire » par l'huile, quelques régules impurs d'un métal auquel il attribua le nom de magnésium. Ce n'est que plus tard (1785) que L. Guyton de Morveau proposa le nom de manganèse pour éviter toute confusion.
• Minerais et géochimie
Le manganèse est relativement abondant. Sa teneur moyenne dans la croûte terrestre est estimée à près de 0,1 p. 100, ce qui le classe au douzième rang des éléments chimiques. Trop électropositif, il ne se rencontre jamais à l'état métallique dans la nature.
Dans les roches magmatiques, c'est un élément dispersé qui s'exprime rarement sous une forme minéralogique définie. Toujours divalent, il remplace partiellement les ions de même charge et de rayon ionique voisin dans le réseau cristallin des minéraux de ces roches (amphiboles, pyroxènes, péridots) ; il se concentre de préférence dans les silicates de fin de cristallisation du magma (pegmatites), contrairement aux autres éléments de transition. Ces derniers sont en effet stabilisés dans les sites octaédriques de la phase solide en raison de l'effet de champ cristallin, alors que Mn2+, ne subissant pas cet effet (structure 3d5), s'enrichit, au contraire, dans la phase liquide et ne peut être, en conséquence, entraîné dans le solide que dans la dernière phase de la cristallisation magmatique.
Dans les roches sédimentair […]
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