Ville de la province d'Anvers, située sur la Dyle, entre Bruxelles et Anvers et à environ 25 kilomètres de chacune de ces deux villes et de l'aéroport de Bruxelles-National, Malines (en néerlandais, Mechelen, 78 900 habitants en 2007) s'inscrit dans l'ensemble métropolitain central de la Belgique. Elle connaît un développement qui s'appuie entre autres sur de vastes parcs d'activités en bordure de l'autoroute Bruxelles-Anvers. La ville est la métropole religieuse de la Belgique, siège de l'archevêché depuis le redécoupage ecclésiastique des Pays-Bas espagnols réalisé en 1559 par Philippe II pour renforcer l'encadrement religieux de ses territoires face aux progrès du calvinisme.
Mentionnée pour la première fois au milieu du ixe siècle, lors du traité de Meersen, la ville devint le siège d'une seigneurie qui appartint aux princes-évêques de Liège, fut contestée par les ducs de Brabant, dans les terres desquels elle était enclavée, passa au comte de Flandre, Louis de Male, et donc ensuite sous la souveraineté des Bourguignons. La ville s'administre toutefois elle-même dès le début du xive siècle. Charles le Téméraire y fixa, en 1473, le Parlement, cour de justice suprême des Pays-Bas. Le début du xvie siècle correspond à une période brillante : Marguerite d'Autriche, tante de Charles Quint et gouvernante des Pays-Bas, y fixa sa résidence de 1507 à sa mort en 1530. Son palais inaugure le style renaissant dans les Pays-Bas, par sa décoration à l'italienne ; il est occupé aujourd'hui par le palais de justice. Sous ses auspices fut édifiée la tour de la cathédrale Saint-Rombaut, en style gothique brabançon, avec sa tour massive en façade, dont le carillon deviendra célèbre.
Toutefois, Malines a rapidement perdu en importance au profit de Bruxelles, où la cour se déplace à partir de 1530. La ville a dès lors connu une relative stagnation jusqu'au début du xxe siècle, comme beaucoup de villes flamandes, d'autant que l'industrie drapière déclinait, même si elle fut relayée par celles du cuir, de la dentelle, des tapis, du travail du cuivre et des canons. Malines conserve un patrimoine architectural ancien de qualité (refuges de couvents, hôtels particuliers, tel celui du chanoine Busleyden, du xvie siècle, béguinage), remarquablement remis en valeur. Si la ville fut choisie en 1835 comme nœud central du réseau belge de chemin de fer, d'où rayonnaient les lignes vers les quatre points cardinaux, le développement du réseau et le renforcement de la capitale du nouvel État indépendant lui firent rapidement perdre cette position au profit de Bruxelles.
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