Fils et successeur du sultan saldjūkide Alp Arslān, Malik shāh a régné à partir de 1072 et a bénéficié de l'appui du tout-puissant vizir Nizām al-Mulk. Bien que la victoire remportée en 1071 par Alp Arslān sur les Byzantins à Mantzikert ait ouvert aux Turcs la voie de l'Asie Mineure, Malik shāh n'en a pas profité et a laissé le soin de la pénétration dans ce pays à une branche mineure des Saldjūkides commandée par Sulayman b. Kūtlūmūch, tandis que lui-même s'intéresse surtout aux provinces orientales du sultanat. Malik shāh et Nizām al-Mulk se sont employés à établir l'autorité des grands Saldjūkides sur l'Irāq, sur l'Iran et jusqu'au Turkestan, et à assurer, au nom du calife ‘abbāside, la suprématie de l'islam sunnite orthodoxe face à l'islam shī‘ite. Malik shāh et son wāzir ont mis en place une vigoureuse administration, dont les cadres sont surtout iraniens et arabes ; l'armée saldjūkide est commandée par des Turcs, mais elle a pris une part active aux querelles de succession qui ont suivi la mort de Malik shāh et a contribué à affaiblir et disloquer le sultanat des grands Saldjūkides. Sur le plan culturel, le règne de Malik shāh a été une période brillante marquée en particulier par la construction de la mosquée du Vendredi à Isfaḥān et par l'œuvre du grand encyclopédiste ‘Umar Khayyām.
Robert MANTRAN
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