Les Maldives se trouvent plongées dans une crise politique le 29 juin 2010, quand l'intégralité du gouvernement démissionne en signe de protestation après que le Parlement, où l'opposition est majoritaire, a adopté un amendement à la loi de finances publiques qui restreint le pouvoir de l'exécutif. Ce nouveau texte exige en effet que le gouvernement demande l'approbation du législateur avant de privatiser des biens nationaux, de souscrire des emprunts ou d'octroyer des subventions, comme celles qui sont destinées aux services publics important des denrées alimentaires. À l'issue de négociations, la crise prend fin le 7 juillet, et le cabinet reprend ses fonctions. Cet épisode souligne combien il est difficile de maintenir l'ordre constitutionnel tandis que le Parlement est en proie à de vives luttes entre les partis.
La montée de l'extrémisme est perçue comme un sérieux problème. En février, plusieurs organisations islamiques, notamment le parti Dhivehi Rayyithunge, condamnent le ministre du Développement économique Mohamed Rasheed pour avoir révisé une loi afin de permettre la vente d'alcool dans les hôtels construits sur les îles habitées, une décision censée favoriser le tourisme. Les opposants à cette mesure obligent le gouvernement à retirer le texte de loi. En mars, le parti Dhivehi Rayyithunge accuse le président Mohamed Nasheed d'avoir tenu des propos impies lors de son discours radiophonique hebdomadaire.
La situation économique demeure précaire, tandis que la dette publique atteint 553 millions de dollars, soit un tiers du P.I.B. Le déficit budgétaire, qui s'élève à 420 millions de dollars, dépasse la limite fixée par le F.M.I., institution qui s'était engagée en décembre 2009 à octroyer 92,5 millions de dollars pour venir en aide aux Maldives. Une soixantaine de représentants assistent à la conférence des donateurs organisée les 28 et 29 mars et promettent de verser, au cours des trois prochaines années, 313 millions de dollars d'aide au développement et de soutien au budget.
Ponmoni SAHADEVAN
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