Les maladies vénériennes (du nom de Vénus, déesse de l'amour) sont appelées maintenant maladies sexuellement transmissibles (M.S.T.). Ce sont des maladies infectieuses qui n'ont d'autre point commun que leur mode de contamination par contact ou rapport sexuels, les autres affections de l'appareil génital relevant plutôt du domaine de l'urologie, de la gynécologie, voire de la psychiatrie. C'est pourquoi, depuis 1999, l'Organisation mondiale de la santé recommande l'usage de l'appellation infections sexuellement transmissibles (I.S.T.) pour souligner la nature infectieuse de ces pathologies.
Les sociétés les plus évoluées n'arrivent pas encore à défaire les liens très étroits qu'elles ont noués entre sexualité et éthique, d'où cette notion de « maladies honteuses » qui entache les maladies vénériennes et entretient autour d'elles un sentiment de culpabilité. Cet état d'esprit, cristallisé par les tabous sociaux et religieux, explique l'ignorance du public non seulement à l'égard de l'anatomie ou de la physiologie de l'appareil génital, mais surtout à l'égard des maladies sexuellement transmissibles. La négligence individuelle qui en résulte tempère de ce fait les progrès de la thérapeutique. Il n'est donc pas surprenant d'assister à une recrudescence des maladies sexuellement transmissibles. À l'ignorance et à l'inconscience, la médecine doit opposer l'information objective et persuader le public qu'un traitement précoce entraîne dans l'immense majorité des cas une guérison immédiate.
1. Une imposante cohorte
Les maladies sexuellement transmissibles (les M.S.T.) sont fort diverses. On en compte actuellement plus de vingt. Ces maladies, notamment les blennorragies, sont une des causes les plus fréquentes de morbidité dans le monde (O.M.S.).
Le terme « blennorragie » (autrefois orthographié blennorrhagie) a été forgé à partir des racines grecques évoquant l'éruption et l'écoulement d'une humeur visqueuse. Il apparaît pour la première fois en 1784 dans les écrits du médecin autrichien […]
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