2. Mécanismes des maladies neurodégénératives
• Les agrégats protéiques
Les tableaux cliniques et les gènes incriminés dans les MND sont nombreux. Cependant, les mécanismes responsables de la dégénérescence neuronale semblent communs à une grande majorité de ces maladies. Une caractéristique commune est l'existence dans le système nerveux d'agrégats fibrillaires de protéines « mal repliées », constituant des dépôts amyloïdes (ou plaques amyloïdes) dans les cellules nerveuses ou dans les espaces extracellulaires. De manière surprenante, alors que ces molécules diffèrent par leur structure et leur fonction, les structures des agrégats sont très similaires, avec une conformation en feuillets qui leur confère un caractère d'insolubilité et probablement de toxicité. Pour chaque pathologie, une ou plusieurs protéines sont impliquées (cf. tableau), et certaines protéines sont communes à plusieurs maladies. L'accumulation débute bien avant les premiers symptômes de la maladie.
On ne sait pas pour quelle raison la maladie se déclare ; elle est peut-être liée à un « effet seuil » dépendant de chaque région du cerveau ou de chaque type de cellule neuronale. Dans les formes héréditaires de MND, le phénomène est probablement lié à la synthèse d'une protéine de structure anormale du fait d'une mutation dans le gène qui gouverne sa synthèse. Dans ces formes familiales, l'agrégation fibrillaire est accélérée, conduisant souvent à un début plus précoce de la maladie. Dans les formes sporadiques, en revanche, la protéine synthétisée est a priori normale, et les mécanismes conduisant à son agrégation ne sont qu'hypothétiques. Quel que soit le cas (forme familiale ou sporadique), un dépassement ou un défaut des « systèmes de surveillance » dans l'organisme a été incriminé (fig. 3). Ces systèmes sont censés assurer un contrôle de qualité des protéines synthétisées : des protéines « chaperonnes » sont chargées d'assurer un repliement correct de chaq […]
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