6. Maladies à vecteurs et changements climatiques
L'étude historique et écologique des maladies à vecteurs montre le rôle essentiel de l'action humaine dans leur émergence puis dans leur dissémination. On retrouve ici un trait bien connu pour de nombreuses maladies émergentes : toute action humaine sur un environnement fait courir le risque de révéler ou d'amplifier une pathologie latente ou ignorée. Ainsi le reboisement en Amérique du Nord, qui s'est traduit par une prolifération de cervidés, donc de tiques vivant sur ces cervidés, a entraîné une explosion de maladies à tiques (dont la maladie de Lyme) chez les humains travaillant dans ces zones. Les situations épidémiologiques des maladies à vecteurs sont en évolution permanente, sous l'influence majoritaire du rôle de l'eau en agriculture, des grands travaux (en particulier des barrages), des transports, du développement de l'élevage et de l'agriculture en général, et enfin de l'urbanisation sauvage en zone intertropicale.
Le réchauffement climatique va-t-il contribuer à une instabilité accrue de l'épidémiologie des maladies à vecteurs ? Sur le plan théorique, c'est probable ; mais il serait bien hasardeux d'aller plus loin et de proposer des modèles. La question est plutôt celle de l'importance relative de ce nouveau facteur par rapport à tous ceux qui déterminent déjà la transmission vectorielle d'une maladie. Cependant, le déplacement des populations de vecteurs peut être une indication en ce sens. Leur répartition géographique va probablement se modifier. C'est ainsi que Aedes albopictus, vecteur du virus du chikungunya, se développe progressivement en France depuis 2004 et est désormais bien implanté en Corse. Il est possible que ce soit lié à un changement climatique. L'insecte est également présent en Italie, où il a déclenché, en juillet 2007, dans la province de Ravenne, une épidémie. Cette dernière atteste donc de la réalité du risque de transmission vectorielle du virus en Europe du Sud. Un léger réchauffe […]
… pour nos abonnés, l'article se prolonge sur 7 pages…



