1. Historique des maladies à vecteurs
La conviction que les maladies infectieuses étaient dues à des « microbes » s'impose vers 1870. La recherche de l'agent infectieux dans l'environnement du malade prend alors le dessus sur la cartographie de la distribution des maladies, comme celle qui fut réalisée en 1854 par John Snow (1813-1858) à Londres pour le choléra ou encore celles qui furent menées de manière systématique par les commissions départementales d'hygiène en France. En Europe, la plupart des maladies infectieuses (rage, tuberculose, choléra, diphtérie, tétanos...) semblent transmises simplement, sans intermédiaire particulier, d'homme à homme ou d'animal à homme, ou encore par l'eau ou par le sol. En l'absence de traitement efficace, la prévention qui s'impose est la destruction de l'agent infectieux par désinfection locale d'une plaie ou des instruments, ou par stérilisation des locaux et des effets personnels du malade. Dans certains cas, la vaccination et la sérothérapie prennent le relais à la fin du xixe siècle. L'effet de ces méthodes sur la mortalité et la morbidité des maladies communes des climats tempérés est incontestable.
Tout autre est la situation rencontrée par les Européens dans les zones tropicales d'Asie du Sud-Est, d'Amérique et d'Afrique. Ceux-ci furent confrontés à des maladies inconnues ou de forme inconnue, graves voire souvent mortelles. La fièvre jaune, la dengue, la maladie du sommeil, le paludisme pernicieux (une forme maligne du paludisme), des fièvres diverses, les maladies à vers et bien d'autres, non seulement provoquaient une mortalité effrayante, mais résistaient aux procédures prophylactiques élaborées en Europe. Les maladies tropicales semblaient échapper à la médecine moderne pasteurienne.
C'est dans ce contexte que s'est précisé un mode entièrement original de la transmission de maladies infectieuses. Ces maladies exigent la participation d'un intermédiaire vivant, appelé vecteur, d'où le nom de maladies à transmission vector […]
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