Il en est aujourd'hui de l'anthropologie « médicale » comme il en a été naguère de l'anthropologie « politique » ou de l'anthropologie « économique » : elle tente de se faire reconnaître comme une partie constituante de l'anthropologie sociale en général, tout en marquant la spécificité de son domaine, de ses points de vue et de ses méthodes. On peut donc imaginer qu'elle risque de connaître un avenir du même ordre, c'est-à-dire porteur du même paradoxe : une fois définis et constitués, les différents domaines de l'anthropologie laissent percevoir le caractère indécis de leurs frontières, et l'on peut sans doute avancer que c'est à partir du problème de la définition de leurs frontières (quand bien même il apparaît comme un faux problème, un problème dont l'objet est illusoire) que s'élabore et se met en forme la problématique propre à chacun de ces domaines ; le caractère non spécifiquement économique de la rationalité économique, la dimension religieuse du politique figurent ainsi au nombre des conclusions d'auteurs comme Maurice Godelier ou Georges Balandier, et ces conclusions peuvent servir de points de départ à la définition de nouveaux objets intellectuels qui ne correspondent pas au découpage institué par la division du travail anthropologique.
1. Les divisions de l'anthropologie médicale
L'anthropologie dite médicale est, quant à elle, d'autant plus sûrement promise à un avenir de sur- et de sous-définition que son homogénéité est très relative (en témoigne la diversité des démarches classées sous cette étiquette) et sa spécificité douteuse (en témoignent les nombreuses implications politiques ou religieuses de ses données). Confirment cette incertitude de départ l'existence d'une littérature descriptive abondante, l'absence d'essais de synthèse théorique et, plus encore, le fait que l'organisation de la discipline et de ses données se fait, à l'instar de celle de l'anthropologie politique à ses débuts, sur une base typologique.
Les classements typologiques s'eff […]
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