Comment classer un pianiste qui sut s'adapter, avec la même élégante efficacité, à tant d'esthétiques diverses, du bop au free jazz ? Accompagnateur idéal, Mal Waldron semble a priori ne pas avoir de style propre ; comme beaucoup de ses contemporains, il est nourri à la fois de Duke Ellington, de Bud Powell et de Thelonious Monk. L'instrumentiste, l'arrangeur et le compositeur développent néanmoins une manière très personnelle : l'économie des moyens, la prédilection pour les rythmes à trois temps, le goût pour la répétition de riffs cycliques et la fascination pour le silence construisent un monde sonore envoûtant que zèbrent parfois des percussions inattendues et d'agressives dissonances.
Malcolm Earl Waldron, fils d'émigrés jamaïcains, naît le 16 août 1925 à New York. Il commence à étudier le piano à l'âge de huit ans, s'initie vers seize ou dix-sept ans au saxophone alto, instrument qu'il délaissera rapidement. Il étudie, au Queens College de New York, la composition et le piano classique avec Karol Rathaus ; sa passion pour Bach, Chopin, Brahms et Satie se manifestera tout au long de son parcours. Il opte définitivement pour le clavier, accompagnant de 1949 à 1953 les […]
