Les Heures sans doute peintes pour un membre de la famille ducale d'Anjou, puis ornées ultérieurement des armes des Rohan (Bibliothèque nationale, Paris), ont donné son nom provisoire à un artiste resté anonyme dont on ignore tout. On sait seulement qu'il avait des attaches à Troyes, qu'il s'est installé à Paris vers 1415-1420 comme enlumineur dans une officine commerciale et qu'il apparaît vers 1420 au service des ducs d'Anjou. Il exécute alors, outre les Grandes Heures de Rohan, vers 1430-1435, trois autres livres d'heures d'une inspiration exceptionnelle : les Heures de René d'Anjou (Bibliothèque nationale), les Heures dites d'Isabelle Stuart (Fitzwilliam Museum, Cambridge, G.-B.)
et les Heures à l'usage d'Angers (ancienne collection Martin Le Roy). Totalement insoucieux de la préoccupation majeure de ses contemporains — l'introduction du réalisme dans la peinture grâce à la représentation de la troisième dimension et de la lumière, grâce à la narration concrète —, il ne fait que traduire, avec des moyens retardataires, une bouleversante méditation sur la foi et la mort, qui lui permet de créer quelques-unes des pages les plus expressives de la mystique chrétienne médiévale
. Sa réflexion est si personnelle et son invention des formes si originale qu'il apparaît comme un artiste inclassable (voir F. Avril et N. Reynaud, Les Manuscrits à peintures en France, 1440-1520, Paris, 1993) ; l'œuvre de ce visionnaire est isolée et intemporelle.
Photographie
Ange apparaissant aux bergers, Maître des Heures de Rohan Maître des Heures de Rohan, Ange apparaissant aux bergers, enluminure des Heures dites d'Isabelle Stuart, vélin. Fitzwilliam Museum, Cambridge, Royaume-Uni.
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Photographie
Lamentation, Maître des Heures de Rohan Maître des Heures de Rohan, Lamentation, enluminure, vélin. Bibliothèque nationale de France, Paris.
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Nicole REYNAUD
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