4. Chirurgie de la main
Depuis plus d'un demi-siècle, la chirurgie de la main est apparue comme une entité distincte de la chirurgie générale. Aux États-Unis, Koch, Mason, Allen, puis Bunnell, en Europe, Marc Iselin puis J. Gosset et R. Tubiana ont peu à peu « promu » son autonomie.
Celle-ci trouve sa justification dans trois considérations essentielles :
– L'organe à réparer a une fonction très délicate.
– Les techniques microchirurgicales ont une importance majeure.
– Le malade ou le blessé à opérer a besoin d'une assistance psychologique.
• L'organe blessé
C'est un truisme de rappeler qu'anatomiquement la main est la plus fantastique concentration d'éléments nobles et indispensables, dans un volume réduit, où toute blessure risque d'entraîner des dégâts considérables.
En matière de traumatismes, même graves, des organes périphériques, le pronostic vital est rarement en jeu, mais l'élément fonctionnel est primordial.
Le problème de base dans la réparation d'une main est d'assurer sa mobilité, en même temps que sa stabilité, sa couverture et sa sensibilité : l'élaboration de la tactique chirurgicale doit tenir compte de ces éléments, en même temps que de l'inéluctabilité de la fibrose post-opératoire. Pour éviter, ou tout au moins limiter celle-ci, il faut opérer le moins possible, donc le plus complètement possible à chaque fois, en mobilisant au plus rapidement des éléments entièrement réparés.
Cette conception de la chirurgie la plus globale et la moins répétitive est une des bases de la spécialité.
Le rétablissement d'une fonction aussi normale que possible des éléments atteints aura donc nécessité des interventions reconstructives complexes dont le résultat peut être annulé par une évolution infectieuse.
La lutte contre l'infection n'est pas affaire d'antibiotiques mais d'opérations sur une peau bien décontaminée, d'excision complète des tissus contus voués à la nécrose, et de couverture par peau saine convenablement placée sur les réparations sous-jacentes.
Il n'y a aucun inconvéni […]
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