3. La langue sanscrite et les écritures
L'essor du Mahāyāna s'accompagne d'une évolution linguistique marquée. Le bouddhisme ancien avait, semble-t-il, sciemment refusé l'usage du sanscrit, langue sacrée de l'Inde védique et brahmanique, pour privilégier les langues moins religieusement marquées, tel le pāli, qui reste la langue majeure du « Petit Véhicule ». Le nouveau mouvement revient à l'usage du sanscrit, même si c'est un sanscrit fort peu classique, comme idiome religieux par excellence, ce qui donne à réfléchir lorsque l'on veut faire du Grand Véhicule une forme du bouddhisme tournée avant tout vers les laïcs, les commerçants et les citadins. C'est cette langue que devront maîtriser les traducteurs chinois, puis tibétains, qui feront passer dans leur langue le corpus en constant accroissement des textes canoniques du Grand Véhicule, qui ne recouvre qu'en très petite partie celui du Petit. Le sanscrit demeurera même la langue des formules figées dans leur vêtement de caractères chinois ou tibétains, que ce soient les mantra ou les dhāranī, encore récitées de nos jours dans les principaux pays où s'est implanté le Grand Véhicule : au Tibet, au Bhoutan, en Mongolie, en Chine, en Corée, au Japon et au Viêtnam.
[…]… pour nos abonnés, l'article se prolonge sur 2 pages…



