3. Le problème de la chronologie
Les inscriptions de Mahābalipuram n'apportent malheureusement pas toute la lumière sur l'histoire du site. Aussi s'est-on efforcé de découvrir dans les monuments eux-mêmes les indices d'une évolution à partir de laquelle on pourrait établir une séquence chronologique interne. G. Jouveau-Dubreuil, l'un des pionniers de l'histoire de l'art dravidien, a principalement fondé ses recherches sur l'étude comparative d'un certain nombre de piliers : ceux des grottes du règne de Mahendravarman Ier (en plusieurs lieux du Tamilnāḍu), des monuments rupestres de Mahābalipuram et, enfin, des édifices bâtis à partir du viiie siècle. Ses conclusions aboutirent à une classification qui faisait concorder les étapes de l'évolution des piliers avec les règnes des souverains. Cette classification a dû être sensiblement assouplie ; il était nécessaire de prendre en compte l'hypothèse de l'emploi simultané de plusieurs types de piliers comme de plusieurs variantes de certains éléments décoratifs. Il fallait aussi souligner la durée relativement courte de l'activité artistique du site, que suffirait à prouver, si besoin était, une remarquable unité dans les traits morphologiques des personnages, dans leurs bijoux, parures et coiffures. En tout état de cause, on continue d'attribuer la majorité des ouvrages rupestres à Narasiṃhavarman Ier (non sans céder à la tentation de situer les grands bas-reliefs narratifs à une phase déjà avancée de ses travaux), mais on accorde à Mahendravarman II (env. 668-672) et à Parameśvaravarman Ier (env. 672-695) la responsabilité de la poursuite de l'œuvre. On met notamment au crédit de ce dernier d'importants compléments apportés, entre autres, à l'Ādivarāha-maṇḍapa et au Dharmarāja-ratha (effigies de ses prédécesseurs).
Tous les monuments de Mahābalipuram sont restés inachevés et l'on voit d'ordinaire dans cet abandon des travaux l'effet des revers qu'infligea vers 675 un roi Cāḷukya à Parameśvaravarman.
Quant au temple du Rivage, un examen portant s […]
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