La Finlande occupe aujourd'hui une place privilégiée dans le monde en matière de création musicale. Elle le doit à une pléiade de solistes, chefs d'orchestre et compositeurs de renom, parmi lesquels Magnus Lindberg s'affirme comme le plus puissamment novateur de sa génération.
1. Un refus des entraves esthétiques
Né à Helsinki le 27 juin 1958, Lindberg est diplômé de l'Académie Sibelius de la capitale finlandaise, où il étudie la composition avec Paavo Heininen et Einojuhani Rautavaara (1977-1981). Heininen stimule sa curiosité pour tous les courants de la musique occidentale. En 1977, Lindberg est – aux côtés de Kaija Saariaho et d'Esa-Pekka Salonen, notamment – l'un des membres fondateurs de l'association Korvat auki ! (« Ouvrez vos oreilles ! »), qui se donne pour mission de promouvoir la musique contemporaine en organisant des concerts et en offrant un lieu de rencontres entre compositeurs, instrumentistes, critiques et musicologues. Parallèlement à ses activités de compositeur, Lindberg est pianiste, et sa carrière de concertiste l'amènera à créer de nombreuses pièces. En 1982, il fonde avec Esa-Pekka Salonen l'ensemble expérimental Toimii ! (« Ça marche ! »), qui doit devenir, selon ses propres paroles, « un laboratoire où compositeurs et instrumentistes pourraient travailler ensemble à de nouveaux moyens d'expression musicale », notamment grâce à un travail sur l'improvisation en concert.
Lindberg est le premier compositeur finlandais à prendre le sérialisme comme point de départ. L'adoption de cette technique est pour lui beaucoup plus que le « jeu intéressant » que celle-ci avait représenté pour les compositeurs des années 1960, qui l'avaient souvent utilisée comme succédané aux problèmes compositionnels. Dans le lied Jag vill breda vingar ut (1978 ), il s'évertue ainsi à soumettre le sens dramatique du texte ainsi que sa charge émotionnelle aux rigueurs de cette technique. Mais le catalogue de Lindberg manifeste une grande diversité, puisque la plupart de ses œuvres so […]
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