Le Maghreb, al Maghrib en arabe, désigne « l'endroit où le soleil se couche ». L'expression est souvent utilisée par opposition à Machrek, al Mashriq, « l'endroit où le soleil se lève », qui désigne l'Orient arabe. Le Petit Maghreb, ou Maghreb central, est constitué de trois États, le Maroc, l'Algérie et la Tunisie, auxquels s'ajoutent la Libye (ces quatre pays pouvant être regroupés sous l'expression Afrique du Nord) et la Mauritanie (avec peut-être, à terme, le Sahara occidental) pour former le Grand Maghreb.
Les géographes anciens, qui parlaient de Djazirat-al-Maghrib, l'« île du Maghreb », entendaient souligner la particularité de cet ensemble géographique, délimité par des frontières naturelles : au nord la mer Méditerranée, au sud le désert saharien, à l'ouest l'océan Atlantique et à l'est le désert de Libye, l'ensemble étant traversé par la chaîne intracontinentale des Atlas. Ces frontières naturelles résultent de la tectonique, plus active dans cette partie du nord de l'Afrique que dans le reste de ce continent où les vastes cratons stables occupent une grande place : de l'ouverture de l'océan Atlantique au Mésozoïque à la fermeture progressive de la Méditerranée, elle modèle encore actuellement cette partie de la plaque africaine qui s'enfonce sous l'Europe ou entre en collision avec elle.
L'unité ethnique, religieuse, culturelle et linguistique de cette vieille terre berbère, a été, quant à elle, façonnée par l'islamisation et l'arabisation à partir du viie siècle ; une unité politique a même été réalisée au xiie siècle par la dynastie des Almohades qui a dominé l'ensemble du Maghreb. Cette unité, bien qu'éphémère, occupe toujours une place importante dans l'imaginaire maghrébin. Au xxe siècle, l'édification d'un Maghreb uni, dont la création de l'Union du Maghreb arabe, en 1989, est la forme la plus accomplie à ce jour, perpétue ce mythe unitariste, solidement ancré dans une histoire commune bien que diversifiée.
Cette diversité se retrouve exprimée avec force dans les littératures du Maghreb. De plus, si l'adhésion à l'islam joue là aussi un rôle central, il ne leur revient pas moins de garder mémoire des violences de l'histoire et des différents peuples qui ont foulé son sol. De cette ambivalence, qui est aussi quête d'identité, la littérature francophone, de Kateb Yacine et Tahar Ben Jelloun à Assia Djebar, témoigne avec une belle vitalité.
Dans cet ensemble d'articles ne sont abordés que les aspects participant d'une dynamique commune, les évolutions intérieures (politique, démographique, économique notamment) des États ou leurs caractéristiques propres étant traitées sous l'entrée respective de chaque pays.
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