Personnage semi-légendaire, surnommé le Madjnūn parce qu'il devient « fou » d'amour, Qays b. Mulawwaḥ appartient à la tribu de Banū ‘Amīr. Il est le type du poète ‘uḏrî qui meurt à cause de son amour malheureux, d'où sa célébrité dans le monde islamique. Son histoire est simple : il aime une femme de sa tribu, Laylā, et en est aimé. Il lui consacre plusieurs poèmes et demande sa main. Mais le père de Laylā le refuse comme gendre car la tradition bédouine interdit le mariage entre une jeune fille et tout homme qui lui a déclaré son amour. Le père de Laylā la marie, malgré elle, à Ward b. Muḥammad al-‘Uqaylī. Expulsé par sa tribu, le poète passe sa vie à errer dans le désert de Nejd et à chanter son amour désespéré. Il fuit la société des hommes. Les animaux féroces l'aiment et lui tiennent compagnie. Inconsolable, il cesse de manger et de boire, devient squelettique et à moitié fou. Devenue veuve, Laylā le rejoint, mais elle meurt peu de temps après, et Madjnūn ne tarde pas à la suivre. Ainsi, seule la mort unira ces Tristan et Iseult du désert que des préjugés tribaux cruels ont séparés.
Une partie des poèmes de Madjnūn que nous possédons sont apocryphes. Mais le […]
