3. Les grands romans
Quand elle publia Delphine en 1802, elle aggravait son cas en évoquant des problèmes politiques, sociaux et religieux dans un esprit contraire à celui du gouvernement. Le roman remporte un foudroyant succès : l'héroïne enchante les lecteurs émus par la lente descente aux abîmes de cette trop jeune fille qui perd ses illusions sur le monde, l'amitié et l'amour, et jusqu'à l'estime d'elle-même.
Delphine et Corinne (1805), nouveau triomphe, sont dominées par l'angoisse profonde de l'auteur. Corinne, elle aussi, meurt désespérée ; tout lui est donné, hors le bonheur par l'amour. Elle diffère de Delphine en ce qu'elle est artiste et génialement douée : le roman s'éclaire d'un jour très différent ; les arts, la littérature font corps avec l'intrigue au lieu d'en illustrer quelques épisodes. Enfin, Corinne est le symbole et le chantre de l'Italie à la recherche de son indépendance ; elle est l'écrivain guide et prophète, figure qui s'épanouira à l'époque romantique.
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