Les répercussions du coup d'État qui a destitué le président Marc Ravalomanana en 2009 continuent de se faire sentir à Madagascar tout au long de l'année 2010. La suspension de l'adhésion du pays à la Communauté de développement de l'Afrique australe (S.A.D.C.) et à l'Union africaine est toujours effective. Cette dernière a par ailleurs interdit au successeur de Ravalomanana, Andry Rajoelina, l'ancien maire d'Antananarivo, de quitter le pays. L'Union européenne diffère, quant à elle, son aide au développement. Le groupe de médiateurs internationaux dirigé par l'ancien président du Mozambique Joaquim Chissano continue ses efforts de médiation, sous la conduite de la S.A.D.C. Des négociations sont menées entre Andry Rajoelina et ses adversaires politiques afin de trouver un accord de partage du pouvoir, en vain. Andry Rajoelina fixe alors unilatéralement une date pour des élections, mais il ne dispose pas d'un soutien politique suffisant pour la respecter.
Finalement, Joaquim Chissano propose une feuille de route pour organiser de nouvelles élections impliquant les principaux mouvements politiques, lesquels devront superviser conjointement la période de transition précédant le scrutin. La S.A.D.C. approuve ce projet en août. Toutefois, le même mois, un tribunal d'Antananarivo condamne par contumace Marc Ravalomanana, exilé en Afrique du Sud, aux travaux forcés à perpétuité pour la mort, en février 2009, d'une trentaine de manifestants opposés au gouvernement. Cette décision menace à nouveau de faire avorter les négociations de sortie de crise. Le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération sud-africain réagit en déclarant que la S.A.D.C. ne « se laissera pas impressionner » par les tentatives pour faire échouer le processus de réconciliation destiné à rétablir l'ordre constitutionnel à Madagascar.
Christopher SAUNDERS
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