3. Les politiques conjoncturelles
L'analyse keynésienne a montré comment les politiques budgétaire et monétaire peuvent être utilisées pour réguler le niveau de la demande globale. Une hausse des dépenses publiques, typiquement financée par l'emprunt public, représente une hausse de la demande effective qui conduit les entreprises à augmenter la production et l'emploi. Cette hausse initiale déclenche un processus cumulatif d'augmentation des revenus, de la demande et de la production qui constitue le célèbre multiplicateur keynésien. Une politique monétaire expansionniste prenant la forme d'une augmentation de la quantité de monnaie ou, plus directement, d'une baisse du taux d'intérêt a les mêmes effets car elle stimule l'investissement et, éventuellement, la consommation en incitant les ménages à épargner moins ou même à s'endetter pour augmenter la consommation.
Pourtant, la demande n'est pas le seul déterminant de la production et de l'emploi. Le côté offre intervient aussi, car il commande le partage entre volumes et prix des effets des politiques de relance. Si l'offre est peu élastique – c'est-à-dire qu'elle ne peut réagir rapidement à l'augmentation de la demande – la politique de relance a pour effet principal une hausse des prix, sans gains en production. Si l'offre est élastique, la production se développe et la politique garde son efficacité. La nature des chocs subis par l'économie entre également en ligne de compte. Une stimulation de la demande peut annuler les effets d'un choc de demande négatif, sans induire une hausse des prix. Face à un choc d'offre négatif, en revanche, la politique doit être accommodante, c'est-à-dire accepter une hausse des prix pour rétablir le niveau de production. Une politique d'offre, visant à contenir les augmentations de salaire, peut alors être préférable.
Les politiques conjoncturelles se sont ainsi quelque peu symétrisées, en attachant de l'importance à la fois aux côtés demande et offre de l'économie. Il est plus facile aux autori […]
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