3. La vague prohibitionniste
Mais la fin des années 1930 met un terme à cet âge d'or. Aux États-Unis, le mouvement prohibitionniste se déchaîne contre les « bandits manchots » (one-armed bandits). En Californie, le procureur Earl Warren entame son combat contre le jeu et ses machines. À New York, le maire Fiorello La Guardia use de ses pouvoirs de police pour faire interdire les automates de jeu qui y pullulent. Le gouverneur de l'État les déclare illégales et, en octobre 1934, La Guardia fait jeter à la mer quelque 1 155 machines ! En France, où les machines à sous à jetons sont taxées depuis 1910, un décret pris le 31 août 1937 interdit les « appareils distributeurs d'argent, de jetons de consommation et, d'une manière générale, tous appareils dont le fonctionnement repose sur l'adresse ou le hasard et qui sont destinés à procurer un gain ou une consommation moyennant enjeu ». La guerre et ses pénuries viendront achever ce travail de sape.
Alors que les années qui suivent voient l'Amérique se rééquiper en machines de jeu, une nouvelle vague prohibitionniste se fait jour à la suite du rapport de la commission Kefauver. Voté en 1950 et effectif en 1951, le Johnson Act interdit le transport de machines à sous d'État à État. Ce fut un coup d'arrêt sévère pour cette industrie florissante. Nombre de fabricants cessent alors : Watling abandonne en 1951, Mills est mis en liquidation en 1953 (mais la marque subsiste), beaucoup d'autres disparaissent. En Europe, les autorités sont plus conciliantes – sauf en France. En Allemagne, une réglementation précise est adoptée en 1950 avec bureau vérificateur et taxe spéciale ; en 1952, le Royaume-Uni abandonne ses restrictions à l'exploitation des machines de jeu.
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