Devenus les peintres officiels du shōgunat, Tanyū et ses frères cadets établirent leur résidence à Edo (aujourd'hui Tōkyō). Leurs ateliers se partageaient les commandes des Tokugawa. D'autres branches de la famille se consacrèrent, tant à Edo qu'en province, à la clientèle des daimyō et de la classe guerrière. Tous restaient fidèles au style officiel (celui de Tanyū) et leurs créations devinrent toujours plus académiques. Certains de leurs disciples qui avaient obtenu le droit de se réclamer de leurs maîtres s'installèrent dans différents quartiers (machi) de la capitale. On les appelle machi Kanō. Ils s'adressaient à la riche classe marchande et leurs œuvres ne se distinguent pas par leur originalité. Mais ils donnèrent à leurs élèves de solides bases techniques, et plusieurs de ces derniers, une fois leur formation achevée, n'hésitèrent pas à sacrifier à la mode, se livrant à la peinture de genre, travaillant pour les éditeurs d'estampes et de livres illustrés, subissant parfois, dans ce milieu plus ouvert, l'influence de la peinture chinoise ou occidentale. Parmi ceux-ci, on citera Toriyama Sekien (1713-1788), le maître d'Utamaro, qui fut le disciple de Gyokuen, et Shiba Kōkan, élève de Hisanobu.
Madeleine PAUL-DAVID
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