Gracieuse petite déesse égyptienne, représentée généralement assise et coiffée d'une plume d'autruche qui écrit son nom, Maât symbolise l'ordre, la justice et la vérité : l'ordre immuable du monde auquel tous doivent se conformer, l'ordre qui est « l'expression idéologique normale des sociétés asiatiques » (J. Chesnaux). Il n'est pas exagéré de dire que la notion de Maât, de norme, surdétermine l'ensemble de l'idéologie égyptienne. Le monde a été créé en conformité avec Maât. L'ensemble des rites, ainsi que des actes du souverain, vise à maintenir Maât contre les forces du mal tant au niveau politique qu'au niveau religieux. Le vizir, premier juge d'Égypte, s'appelle « prêtre de Maât » et porte l'image de celle-ci sur la poitrine. L'individu doit aussi se conformer à Maât. Lors du jugement des morts, un plateau de la balance contiendra le « cœur » du défunt et l'autre Maât ; si le défunt n'a pas respecté la norme, il sera dévoré par un monstre qui attend au pied de la balance le résultat du jugement.
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