3. De la banlieue à la région urbaine
Une des conséquences du rôle historique de ville-frontière fut l'extrême exiguïté du territoire communal de Lyon. Le second Empire permit l'annexion des faubourgs historiques de Vaise, de la Croix-Rousse et surtout de la Guillotière sur la rive gauche du Rhône, mais, dès la fin du xixe siècle, une banlieue ouvrière et industrielle s'est largement développée à l'est (Villeurbanne, Bron, Vénissieux, Saint-Fons) ainsi qu'une couronne résidentielle et aisée à l'ouest (Ecully, Sainte-Foy, Caluire). Menacé par l'annexionnisme lyonnais, Villeurbanne s'est constitué au xxe siècle une forte identité, symbolisée par la construction en son centre, dans les années 1930, des premiers « gratte-ciel » d'Europe. Le premier grand ensemble français fut construit à Bron-Parilly (milieu des années 1950), suivi des grandes Z.U.P. des Minguettes (Vénissieux), de Rillieux et de Vaulx-en-Velin. Ces cités, modèles de la modernité, sont devenues les principaux symboles de la crise sociale des banlieues avec les émeutes urbaines des Minguettes (1981) et de Vaulx-en-Velin (1990). L'agglomération, qui compte 57 communes, est regroupée au sein de la Communauté urbaine du Grand Lyon. Pour autant, ce périmètre ne correspond plus à l'aire métropolitaine, qui regroupe près de 700 communes et 2,8 millions d'habitants, y compris la ville nouvelle de L'Isle-d'Abeau et l'agglomération de Saint-Étienne.
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