1. Histoire et développement de la lutte biologique
La première étude scientifique qui amorça le déclenchement de la lutte biologique moderne est due à l'entomologiste américain C. V. Riley. Une cochenille, Icerya purchasi, fut introduite accidentellement d'Australie en 1868 dans des vergers d'agrumes de Californie. Riley, convaincu que l'innocuité de cette cochenille dans son pays d'origine était due à des antagonistes, envoya une mission en Australie, d'où furent rapportés divers insectes entomophages, dont la coccinelle Novius cardinalis. Élevé en masse, cet auxiliaire fut distribué aux agriculteurs ; le résultat fut spectaculaire car, en moins de deux ans, les effectifs de la cochenille furent amenés en deçà d'un seuil de nuisibilité économiquement acceptable. Vint ensuite le long programme de lutte contre le bombyx disparate (Lymantria dispar), d'origine européenne, qui pullula et ravagea les forêts de feuillus nord-américaines. Ce sont quelque 92 millions de parasitoïdes européens qui furent lâchés contre ce papillon avec succès en 1927, mettant l'accent sur la nécessité de disposer d'agents de lutte biologique dont l'efficacité augmente avec la densité du bioagresseur. À ces deux programmes phares s'en ajoutèrent rapidement d'autres pour tenter de juguler les populations d'insectes ravageurs tels que la punaise Nezara viridula en Australie, la chrysomèle Oulema melanopus et le puceron de la luzerne Acyrtosiphon pisum aux États-Unis. Quant aux plantes invasives, le principal programme concerna la lutte contre les cactées du genre Opuntia spp. en Australie, l'introduction d'un papillon argentin, Cactoblastis cactorum, associé à un champignon, permettant la réduction de 90 p. 100 des 24 millions d'hectares d'oponces envahissants.
• Vers un meilleur respect de l'environnement
En dépit de ces succès exceptionnels et historiques, la lutte biologique balbutia entre les deux guerres mondiales, jusqu'à ce qu'apparaisse l'agricul […]
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