Né à Tolède, Quiñones de Benavente abandonne vers 1640, au terme d'une carrière féconde, le monde du théâtre, dont il était l'une des figures majeures, pour se faire prêtre. Son nom reste pourtant attaché au Género Chico, genre théâtral qui, loin d'être mineur, jouait un rôle essentiel dans les corrales du xviie siècle. Les trois actes d'une comedia, fût-elle de Lope ou de Calderón, ne connaissent, en effet, le succès que si les séquences récitées, chantées ou dansées qui les encadrent participent à cette réussite. Quiñones de Benavente est le spécialiste reconnu de ces introductions (loas), intermèdes (entremeses), danses (bailes) ou formes mixtes comme les jácaras ; ses contemporains s'accordent pour dire que « toutes les bonnes comédies lui doivent d'être meilleures, les mauvaises de ne le point paraître ». Les œuvres parvenues jusqu'à nous — en particulier le recueil de la Jocoseria (1645) — témoignent de la grande virtuosité de Quiñones dans le traitement des situations dramatiques et dans la création des personnages typiques de ce répertoire (alcaldes, sacristains, médecins, aventurières...) […]
