À Barcelone, dans les dernières décennies du xixe siècle, la nostalgie du Moyen Âge se rencontrait avec celle des nationalistes catalans qui regrettaient ce temps où leur nation, alors libre et souveraine, brillait d'un vif éclat dans tous les domaines de la pensée et de l'art. Antoni Gaudí incarnera ce courant avec le génie que l'on sait. À côté de lui, une figure également marquante : celle de Luis Domenech i Montaner qui, plus encore que Gaudí, tint un rôle éminent dans la vie socioculturelle de sa ville natale. Président des Jeux floraux, député aux Cortes, il sera, en 1900, directeur de l'École d'architecture de Barcelone.
Ses trois œuvres majeures, toujours visibles, témoignent d'une escalade dans le fantastique architectural qui n'a guère d'équivalent ailleurs. Chargé de construire le café-restaurant — aujourd'hui musée zoologique — pour l'Exposition universelle de Barcelone, en 1888, Domenech i Montaner édifia un véritable château féodal cantonné de tours. On y retrouve le vocabulaire du gothique catalan utilisé dans un esprit de rigueur et de modernité qui ne s'interdit pas le fer pour supporter les voûtes. L'hôpital San Pablo (1902-1912), véri […]
