Fils de Gaspard van Wittel, peintre hollandais fixé en Italie (d'où l'italianisation de leur nom), Luigi Vanvitelli se destine d'abord à la peinture. On connaît de lui des fresques dans l'abside de l'église du Suffragio à Viterbe, à Rome, et dans la chapelle des reliques à Santa Cecilia in Trastevere, un tableau à l'huile dans la même chapelle, des cartons pour des mosaïques de Saint-Pierre. Il fait ensuite des études d'architecture sous la direction de Juvara. Ses projets, non primés, pour le concours de la façade de Saint-Jean-de-Latran et pour la fontaine de Trevi le font remarquer du pape, qui le nomme en 1726 architecte de la fabrique de Saint-Pierre avec Antonio Valeri. Il occupe seul le poste à partir de 1736. Le pape l'envoie alors dans les Marches où il construit le lazaret d'Ancône, puis, en collaboration avec Francesco Barigioni, les églises de San Domenico et San Francesco à Urbin.
Ayant acquis une grande réputation d'habileté technique, il est appelé par Charles III de Bourbon à Naples, où il reçoit le titre de premier architecte du roi. Il construit l'église de l'Annunziata, celle de la Madeleine et exécute divers travaux d'ingénieur (aqueduc et ponts) ; il est, enfin, chargé d'élever à Caserte un palais qui puisse rivaliser avec le château de Versailles. Les travaux, inachevés à sa mort, seront menés ensuite par son fils Carlo (1739-1821), qui poursuit l'aménagement du parc dont il anime les longues perspectives par une suite de fontaines, cascades et jeux d'eau
. Mais les ambitieux projets de Luigi Vanvitelli ne furent qu'en partie réalisés : il avait prévu, en effet, devant la façade, des ailes incurvées qui n'ont jamais vu le jour.
Photographie
Palais de Caserte : la cascade et le groupe sculpté, L. et C. Vanvitelli Luigi et Carlo Vanvitelli, cascades et groupe sculpté dans le parc du palais de Caserte, près de Naples. XVIIIe siècle.
Crédits: Istituto Geografico De Agostini Consulter
Dans cet œuvre abondant, Vanvitelli se révèle un précurseur du néo-classicisme. Il se dégage des règles du style baroque pratiqué par Juvara, mais ne suit pas une ligne d'évolution continue : on le sent constamment tendu entre le désir du dépouillement et le goût des décors exubérants.
Renée PLOUIN
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