Fils du général Raffaelo Cadorna qui avait combattu les troupes pontificales lors de la prise de Rome en 1870, Luigi Cadorna fit une brillante carrière militaire avant d'être nommé chef d'état-major général de l'armée italienne en juillet 1914. Pendant les trente premiers mois du conflit, il mène une guerre d'usure contre l'Autriche ; le résultat le plus clair de ces opérations est la perte de 200 000 hommes pour une avance de vingt kilomètres en direction de Trieste. Dès le printemps de 1917, ces opérations catastrophiques entraînent une crise de défaitisme dans tout le pays et jusque dans l'armée. Chef despotique et méprisant, il terrorise ses officiers par des limogeages incessants, et sanctionne tout fléchissement de la troupe par la peine de mort. Négligeant les informations sur une prochaine offensive austro-allemande, il laisse surprendre les IIe et IIIe armées ; la IIe se débande. C'est le désastre de Caporetto : 40 000 tués ou blessés, 300 000 prisonniers, la moitié de l'artillerie aux mains de l'ennemi (oct.-nov. 1917). Le nouveau gouvernement Orlando réclame la destitution de Cadorna qui est remplacé par Diaz et est traduit, en 1918, devant une commission d'enquête. Sa retraite amère fut consacrée à réfuter les critiques portées sur son action : La Guerra alla fronte italiana (1921) et Altre Pagine sulla grande guerra (1925). Ayant manifesté sa sympathie à Mussolini, il en fut récompensé par le bâton de maréchal qu'il reçut en même temps que Diaz.
Paul GUICHONNET
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