2. Un rationaliste
Mies ne construit presque pas pendant sa période allemande et il s'exprime surtout par ses dessins et ses textes ; c'est aux États-Unis qu'il construira la plus grande partie de sa production. À Berlin, après s'être détaché de l'influence de Behrens et, à travers cet architecte, de celle de l'art néo-classique de Karl Friedrich Schinkel, il travaille à des projets qui seront exposés par le Novembergruppe dont il dirige la section d'architecture de 1921 à 1925. Il participe à la revue G, due à l'initiative de De Stijl, et la finance. En 1926, il est nommé président du Deutscher Werkbund, et c'est à ce titre qu'il organise l'exposition du logement de Weissenhof à Stuttgart, où il invite J. J. P. Oud, Victor Bourgeois, Le Corbusier et Jeanneret, Gropius, Ludwig Hilberseimer, Bruno Taut, Hans Poelzig, Behrens, Hans Scharoun, à y construire chacun un bâtiment et où lui-même construit un immeuble d'habitation collective. En 1929, Mies van der Rohe, succédant à Gropius, prend la direction du Bauhaus à Dessau et continue à le diriger, après son transfert à Berlin, jusqu'à sa fermeture par les nazis en 1933.
Dans les premières années de sa production originale, Mies se laisse quelque peu séduire par des recherches expressionnistes dont une des meilleures réalisations est le monument à Karl Liebknecht et Rosa Luxemburg, monument en brique édifié en 1926 et détruit par les nazis ; mais cette influence n'est pas profonde. Dans les mêmes œuvres, on retrouve la marque du groupe De Stijl (jeu de plans, de lignes) avec qui il est en contact et dont il partage en grande partie les idées. Mais en fait, dès cette époque, il s'affirme fondamentalement rationaliste.
Trois projets marquent fortement le début de sa production personnelle : l'immeuble de bureaux de la Friedrichstrasse à Berlin en 1921, le gratte-ciel de verre en 1922 et l'immeuble de bureaux, en béton, de la même année. Malgré la présentation charbonneuse du dessin de l'immeuble de la Friedrichstrasse, malgré l'aspect dramatique de la perspective, ma […]
… pour nos abonnés, l'article se prolonge sur 3 pages…



