Originaire de Brumov, en Moravie, Ludvík Vaculík en garde et la nostalgie et la langue drue. Le régime collectiviste lui ayant ouvert l'accès à l'enseignement supérieur, il suivit à Prague les cours de l'École des études politiques et sociales. Journaliste à la radio gouvernementale, il devient, en 1965, publiciste aux Literární Noviny, hebdomadaire de l'Union des écrivains. C'est comme rédacteur de ce journal, inspiré par les idéaux d'un « socialisme à visage humain », qu'il devient célèbre à travers le pays. Au IVe congrès des écrivains tchécoslovaques (1967), Vaculík prononça un discours très remarqué, mais sanctionné par les instances du parti gouvernemental qui le considéra comme hostile au régime. Pendant les quelques mois du « printemps de Prague », Vaculík rédigea la proclamation dite des Deux mille mots qui demandait à la population de défendre sans faillir les intérêts d'une culture et d'un socialisme purifiés des tares du passé. Cet appel fut jugé séditieux par le régime issu de l'occupation de la Tchécoslovaquie en août 1968. Son auteur est exclu et du Parti communiste et de l'Union des écrivains ; son œuvre est mise à l'index. L'homme et l'œuvre sont présentés par la propagande du nouveau régime comme des modèles de révisionnisme et d'anticommunisme. Dans le roman La Hache (Sekyra, 1966), Vaculík retrace l'itinéraire de son héros — un jeune journaliste très attaché au souvenir de son père, militant communiste —, de la désillusion d'un premier idéal à la remontée vers un nouvel idéal, plus fort et surtout plus conscient.
Se refusant à l'exil, Vaculík publie ensuite de manière clandestine, sous forme de samizdats, deux romans : Les Cobayes (1970) et La Clef des songes (1980). Véritable chronique de l'oppression, ce texte est le plus proche de l'expérience vécue par Vaculík sous le régime communiste. Après la chute de celui-ci, l'écrivain publie son autobiographie en trois volumes, et recommence à donner régulièrement des chroniques dans des journaux.
Ivo FLEISCHMANN
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