2. Le fondateur des « Annales »
Sa plus grande contribution fut peut-être la fondation, en 1929, et la direction (avec Marc Bloch) des Annales d'histoire économique et sociale devenues par la suite Annales (Économies-Sociétés-Civilisations) – on notera l'extension du programme – destinées à devenir l'organe de liaison entre les historiens de toutes les époques et de toutes les sciences, essentiellement une revue d'idées et de méthodes, avec le souci d'abattre les cloisons entre géographes, économistes, sociologues et historiens. « Nous tenons au mot social », écrit-il.
À cinquante-cinq ans, au Collège de France, Febvre débute par un Examen de conscience d'une histoire et d'un historien (1933) dans la chaire d'histoire de la civilisation moderne ; il dénonce la superstition du « fait » : « S'il n'y a pas de problème, il n'y a que du néant ! »
Parallèlement, il préside le Comité de l'encyclopédie française (1935-1940), conçue comme « une encyclopédie de problèmes, et non de références ». Il préside aussi la 6e section de l'École pratique des hautes études (sciences économiques et sociales) dont il est l'architecte, en même temps qu'il est l'un des constructeurs du Centre national de la recherche scientifique, participant également à la réorganisation de l'enseignement supérieur et à la réforme de l'enseignement historique. Il est délégué de la France à l'U.N.E.S.C.O. (1945-1950), directeur des Cahiers de l'histoire mondiale et président du Comité de l'histoire de la Seconde Guerre mondiale, élu enfin à l'Académie des sciences morales et politiques (1949).
Cependant, il publie Le Problème de l'incroyance au XVIe siècle, la religion de Rabelais (1942), peut-être son chef-d'œuvre ; Origène et des Périers : l'énigme du Cymbalum mundi (1942) ; Autour de l'Heptaméron : amour sacré, amour profane (1944) ; Michelet (1946). De la prodigieuse activité de ce « merveilleux éveilleur d'idées » témoignent trois recueils d'articles : Combats pour l'histoire (1953), Au cœur religieux du XVIe siècle (1957) ;
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