2. Une œuvre hybride
Lucien écrit beaucoup, au jour le jour, sans plan préétabli, selon ses besoins et ses humeurs : on possède de lui quatre-vingt-six ouvrages en prose, deux compositions dramatiques en vers (Tragédie de la goutte, Τραγῳδοποδάγρα et Pied-Léger, Ὠκύπους), un recueil de cinquante-trois épigrammes. Il est vrai que, parmi ses œuvres, on n'en trouve aucune de longue haleine ; que ni ses drames ni la plupart de ses épigrammes ne lui appartiennent sûrement ; que nombre de ses écrits sont dus à des imitateurs ou sont à considérer comme suspects.
Une classification chronologique rigoureuse étant impossible, on doit se contenter de classer l'œuvre de Lucien selon quelques catégories principales : les exercices de rhétorique tels que Meurtrier du tyran (Τυραννοκτόνος), Éloge de la mouche (Μυίας Ἐγκώμιον), etc. ; les dialogues, contenant la plupart des chefs-d'œuvre de la période athénienne, dialogues de caractère plus ou moins philosophique comme Hermotime (Ἐρμότιμος, 166), Dialogues des morts (Νεκρικοὶ Διάλογοι, 166 ou 167), Dialogues marins (Ἐνάλιοι Διάλογοι), etc., ou esthétique tels Portraits (Εἰκόνες), Défense des portraits (Ὑπ̀ερ τω̃ν εἰκόνων, 163) et littéraire (Parasite, Περὶ τοῦ παρασίτου). Certains écrits ont forme de lettres : Sur la manière d'écrire l'histoire (Πω̃ς δεῖ ἱστορίαν συγγράϕειν, 165). On y trouve également des biographies, des pamphlets, des diatribes personnelles, des causeries, par exemple Sur la mort de Pérégrinus (Περὶ τῆς Περεγρίνου τελευτῆς, vers 166), Maître de rhétorique (Ῥητόρων Διδάσκαλος), etc. Enfin, des romans satiriques, notamment Histoire véritable (Ἀληθὴς Ἱστορία).
[…]… pour nos abonnés, l'article se prolonge sur 2 pages…



