3. Vers la grandeur
Après ses travaux à la chapelle Sixtine, Signorelli donne libre cours à ses riches capacités créatrices, dans une succession nourrie de chefs-d'œuvre. Rappelons ici les principaux : le Retable de Saint-Onofrio, au Musée de la cathédrale de Pérouse (1484) ; la Circoncision de la National Gallery de Londres ; le Triomphe de Pan, peint pour Laurent de Médicis (malheureusement détruit à Berlin en 1945) ; le tondo de la Vierge à l'Enfant de la galerie des Offices à Florence (peint aussi pour Laurent de Médicis) ; la Vierge à l'Enfant et les saints ainsi que l'Annonciation (1491), du musée de Volterra ; le Portrait d'un juriste, du musée de Berlin ; les fresques de Monteoliveto (1497) et le tondo de la Sainte Famille, aux Offices. Dans ces années de féconde activité, le séjour de Luca à Florence avant la mort de Laurent de Médicis se révèle particulièrement important. Dans le Triomphe de Pan qu'il exécute à ce moment-là, il propose une interprétation absolument originale de la pensée philosophique qui dominait à la cour des Médicis, du fait surtout de Marsile Ficin. La composition de l'œuvre se rattache aux recherches stylistiques effectuées à Lorette avec la Conversion de saint Paul ; mais elle va bien au-delà et s'impose par son classicisme élevé et sa plénitude, qui en font une œuvre véritablement unique dans la production du peintre et dans tout l'art de la Renaissance.
Cette série de chefs-d'œuvre terminée, Signorelli reçoit commande, en 1499 puis en 1500, de poursuivre la décoration des plafonds de la chapelle de San Brizio à la cathédrale d'Orvieto, commencée par Angelico, et d'effectuer aussi la décoration des murs ; cette dernière ne fut pas terminée avant 1504. Les sujets des fresques sont fournis par les théologiens de la cathédrale : pour les plafonds, les Chœurs célestes, et pour les murs, les scènes de la fin du monde (depuis la Venue de l'Antéchrist jusqu'à la Récompense des élus et […]
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