4. Contre-révolutionnaire
Il n'a pas perdu toute initiative cependant. Correspondant avec les autres souverains européens, menant une politique étrangère secrète, manipulant les factions révolutionnaires opposées les unes aux autres, il peut, en avril 1792, engager la France dans la guerre contre l'Autriche et la Prusse espérant que la défaite, prévisible, des armées françaises lui permettra de reprendre le pouvoir. Le calcul est déjoué par la force du nationalisme populaire qui défend la Révolution et par la maladresse et la division de ses partisans. La journée d'émeute du 20 juin 1792 montre l'opposition radicale du roi et de son entourage à la Révolution, le roi refusant tout compromis, notamment sur le plan religieux. Le 10 août est l'occasion d'un affrontement armé entre l'aile radicale de la Révolution et les défenseurs du roi, regroupés aux Tuileries, qui préparent un coup de force. Leur défaite, donc celle du roi, marque la fin de la monarchie. Incarcéré au Temple avec sa famille dans un premier temps, le roi est traduit devant la Convention, transformée en tribunal, en décembre 1792. Accusé de trahison, le roi refuse de reconnaître la légitimité de ses juges, dont la partie la plus extrémiste réclame la mort, pour empêcher tout retour en arrière de la Révolution.
La condamnation du roi est acquise à une faible majorité ; il est exécuté le 21 janvier 1793. Sa mort courageuse fait oublier ses faiblesses passées en même temps qu'elle frappe de stupeur les élites européennes, nombreuses à se détourner de la Révolution, dont la violence dérange. Elle sert aussi les émigrés, jusque-là tenus en lisière par les souverains étrangers, et qui doivent reconnaître le comte de Provence comme régent, puis comme roi en exil. Elle ne permet pas à la Révolution de se stabiliser, car les luttes internes demeurent considérables. Aucun chef politique ne réussit à imposer une légitimité durable, si bien que l'idéal de la monarchie, aussi mis à mal qu'il ait été, ne disparaît pas avec la mort de Louis XVI.
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