Né dans une famille parlementaire, prêtre en 1647, Louis Tronson entra dans la Compagnie de Saint-Sulpice, congrégation fondée par Jean-Jacques Olier, pour administrer la paroisse parisienne de ce nom et former les cadres du clergé dans les établissements créés selon les directives du concile de Trente : les séminaires. Sa vie est tout entière consacrée à l'éducation cléricale. Il assume la charge de supérieur général de sa congrégation de 1676 à sa mort. L'histoire retient son nom parce qu'il fut le directeur de conscience du jeune abbé Fénelon. En 1694-1695, il fit partie avec Noailles et Bossuet de la commission chargée, au cours des « entretiens d'Issy », d'examiner la doctrine de Mme Guyon. Ses interventions, dans le conflit qui opposa l'évêque de Meaux et Fénelon et qui aboutit à la condamnation des Maximes des saints, restèrent discrètes mais elles s'exercèrent dans le sens de la conciliation.
En fait, Tronson joua surtout un rôle historique essentiel en organisant et institutionnalisant les méthodes de formation spirituelle et la pédagogie cléricale de Saint-Sulpice, c'est-à-dire d'une bonne partie des séminaires français (et de maisons analogues au Canada […]
