2. Le Montagnard
À la Convention, Saint-Just s'impose comme l'un des principaux orateurs de la Montagne dès le procès de Louis XVI. « On ne peut point régner innocemment, affirme-t-il, le 13 novembre 1792. Tout roi est un rebelle et un usurpateur. » Il joue un rôle important dans la rédaction de la Constitution de 1793 et dans la lutte qui oppose les Montagnards aux Girondins. Entré au Comité de salut public, il devient le porte-parole de ses collègues devant la Convention. Il présente ainsi plusieurs rapports : sur les Girondins, sur le gouvernement révolutionnaire, sur les Anglais, sur la confiscation des biens des suspects et sur l'exécution de cette mesure, sur l'arrestation d'Hérault de Séchelles, sur Danton, sur la police générale... Affectant de se tenir au-dessus des factions pour rester sur le plan des idées, il présente l'apologie du gouvernement révolutionnaire qui s'organise au lendemain de la chute de la Gironde : « Il est impossible que les lois révolutionnaires soient exécutées si le gouvernement lui-même n'est constitué révolutionnairement. » Le danger qui menace la Révolution aux yeux de Saint-Just tient à la paralysie qu'engendre le développement excessif des administrations. Selon le célèbre discours du 10 octobre 1793, la pesanteur bureaucratique entrave l'action de la République. « Les lois sont révolutionnaires ; ceux qui les exécutent ne le sont pas. » C'est diagnostiquer l'un des maux dont vont souffrir toutes les révolutions du xxe siècle.
Ce gouvernement révolutionnaire doit se fonder sur la Terreur. « Il faut placer partout le glaive à côté de l'abus, en sorte que tout soit libre dans la République, excepté ceux qui conjurent contre elle et qui gouvernent mal. » Saint-Just s'oppose ainsi aux Indulgents, Danton et Desmoulins, qui veulent la fin des exécutions. Sur le plan social, il réclame la distribution gratuite des biens nationaux aux indigents pour les attacher à la Révolution.
[…]… pour nos abonnés, l'article se prolonge sur 2 pages…



